Un Monde Assiégé

Prélude
La résistance se forme...

Le temps était maussade à Portland, au Maine. Les vents du mois d’avril emmenaient un front froid de la mer qui venait glacer ceux déjà trop brave pour se découvrir d’un fil; pour la plupart, des touristes sans aucune idée de ce que la région pouvait leur jeter.

Anthony se terrait dans le sous-sol froid et humide d’un édifice centenaire du vieux Portland. Tout autour de lui, des étagères de fortune contenant quelques boîtes de conserves mal amochées jetaient de l’ombre sur une poignée de jeunes idéalistes. Il lui semblait y avoir déjà vécu des années durant tellement qu’il était familier avec ses chaque recoins. Le propriétaire de l’édifice, depuis longtemps mort, n’avait aucune objection à ce que de jeunes adolescents ne s’y cachent de toute façon; l’endroit était un secret que les gens oubliaient passé l’âge de 18 ans, l’on croirait.
“Pourquoi ici?” demanda une fillette blonde d’à peine douze ans.
- Parce que nous sommes certains que personne ne nous trouvera pour la dûrée de ce que l’on va faire…
Un gringalet dodu, à peine plus vieux que Anthony, se détourna de la lucarne qui le fascinait autant il y avait une seconde de cela, et se dirigea d’un pas lourd et menaçant vers Anthony.
“Ah oui, hein?! Portland. Portland! Il n’y a rien ici, génie. Les gens ont peur, la ville est vieille, et c’est loin de tout! Tu penses trouver quelqu’un pour aider nos parents dans ce coin-ci? Même avant la guerre, il y avait quoi, 3 clowns costumés ici? Et est-ce qu’il y en avait même un qui pouvait faire un truc plus extraordinaire qu’un tricycle en ballons?
- Tu étais même pas né durant la guerre, de quoi tu parles…
- Et puis!? Il n’y a personne avec le pouvoir de faire quoi que ce soit ici! Et pendant ce temps-là, on pourrit dans une cave froide sans savoir où sont nos parents. Ça fait une semaine qu’ils sont disparus, et ils ne vont sûrement pas envoyer une demande de rançon à leurs enfants, hein?

Anthony ne broncha pas. Il était vrai que ces garçons et filles étaient dans une situation précaire à laquelle ils ne pouvaient rien. Mais il savait aussi qu’il y avait des gens qu’il pourrait convaincre de les aider, avec un peu de chance. En attendant, il fallait leur donner espoir.
“On reste ici parce que c’est furtif. C’est proche de tout ce que vous aurez besoin. Les Terreurs sont loin, et le Processeur n’a pas d’équipement dans le Maine. Je suis sous le radar et vous aussi. Ça nous donne assez de temps pour recruter quelques gens comme nous qui pourrait faire quelque chose d’inattendu.”
- Comme quoi?
- Comme sauver vos parents, et peut-être vous donner une chance de vivre normalement encore quelque temps. Alors pour le moment, on va faire ce qu’on a à faire. Tiffany, toi et ta soeur devrait aller chercher d’autres cannages. Colby, trouve-moi une radio, on va en avoir besoin." Il se retourna vers le plus vieux et belliqueux, Terrence. “Terry, toi et Ralph devriez aller chercher du bois ou d’autres trucs à brûler.”
Le corpulent Terrence s’avança d’un pas lourd. “Et toi, le morveux? Tu penses faire quoi, sauf donner des ordres?”
La tête d’Anthony se baissa, mais ses yeux restèrent plongés dans ceux de son interlocuteur récalcitrant.
- Je vais aller trouver des gens qui vont non seulement avoir assez de cran pour ne pas t’envoyer promener, mais aussi de sauver tes parents sans réclâmer d’une récompense. Et à partir de là, on verra.

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